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Scoutweek Taizé 2014

Vivre dans une communauté pour une semaine ? Vivre en même temps un camp scout ? Voilà quelles furent nos premières questions vis-à-vis de la ScoutWeek à Taizé. Nous avions rangé nos affaires comme si nous nous préparions pour un camp et non pour un voyage : sac à dos, sac de couchage, coussin et hop! Nous voici déjà dans l’avion. Destination : France. Date : 27 juillet 2014.

Huit heures pile : les cloches sonnent, la communauté se réveille. Dans nos tentes, le soleil brille déjà. On fait notre petite toilette et on se dirige tous vers l’église. Une église pas comme les autres: à l’entrée, deux jeunes hommes tiennent une pancarte « silence », deux autres distribuent des carnets de chants et tout le reste est assis par terre dans l’attente silencieuse de la prière du matin.

Quarante-cinq minutes après, il est temps de prendre le petit-déjeuner. On sort de l’église et on se met en file pour attendre d’être servis. Dans la foule, on ne sent pas le temps passer parce qu’on profite de ce brassage pour faire la connaissance de nouvelles personnes. On approche dans la queue quand, soudain, il pleut ; on se rassemble sous les parapluies des voisins et ainsi se créent de nouveaux liens d’amitié. Au petit-déjeuner, chocolat chaud ou thé avec pain français, confiture, fromage et beurre.

Dans la communauté de Taizé, tous les visages sont souriants et le sentiment d’appartenance à une très grande famille réchauffe le cœur.

Chaque jour, vers dix heures, c’est le temps du travail. Tous les volontaires et participants de la communauté se mobilisent pour effectuer leurs charges respectives afin de bien vivre ensemble dans un milieu propre et sain. Chacun de nous a son rôle indispensable : cuisiner, nettoyer les toilettes, transporter les ingrédients, faire la vaisselle, veiller au silence dans la communauté tous les soirs après onze heures… Cette routine nous rappelle, nous scouts, de nos services durant les camps. Taizé, qui accueille plus de quatre mille personnes chaque semaine, en représente une échelle beaucoup plus grande.

Midi vingt : les cloches sonnent à nouveau, on se dirige vers l’église afin de vivre un deuxième temps de prière, qui sera suivi du déjeuner.

Puis, il est temps de la « Bible Introduction » quotidienne. On est divisés en groupes de dix à douze personnes avec lesquelles on partage des textes bibliques. Dans ce moment d’échange, on découvre aussi comment d’autres jeunes de cultures et traditions différentes vivent leur foi chrétienne.

Au goûter, on se régale de thé froid fait maison et de biscuits.

Enfin, le temps tant attendu par les Scouts ! C’est notre rassemblement qui est sifflé. On est 70 à 80 scouts venant des quatre coins du monde : Portugal, Espagne, France, Allemagne, Autriche, République Tchèque, Slovénie, Slovaquie, Roumanie. Et pour la deuxième année consécutive, les Scouts et Guides du Liban ont participé à la Semaine Scoute. Cette année, nous étions un groupe de dix-sept. Nous étions tous présents pour partager notre foi, faire une réflexion sur notre vie et tisser de nouveaux liens d’amitié avec des scouts d’Europe et de la Méditerranée.

Quant aux personnes non scoutes prenant part à la semaine de Taizé, elles assistent à des ateliers quotidiens abordant des sujets intéressants tels « la relation entre l’art et l’amour », « comment vivre avec une diversité religieuse », etc…

La prière du soir est précédée du dîner. Elle est suivie de confessions.

Puis, Oyak. C’est l’endroit parfait pour le divertissement, le défoulement et les chants ! On amène nos instruments de musique, on chante, on joue, on danse, on s’éclate ! On peut même acheter des crêpes et des snacks. L’ambiance à Oyak et la bonne humeur rappellent les veillées scoutes auprès du feu.

À partir de onze heures, les portes de l’église sont ouvertes à ceux qui désirent prier solennellement. Quelques-uns chantent, d’autres écrivent, dessinent, méditent. D’autres dorment, bercés par le Seigneur jusqu’aux premières heures du matin.

Ainsi se déroule chaque journée, avec au total trois temps de prière, des réflexions bibliques, des partages, des fous rires et des moments de bonheur et de paix intérieure. Comme Frère Roger, fondateur de Taizé, l’a si bien dit, « Peace of Heart in all times ».

Le vendredi soir, la communauté de Taizé prie autour de la croix, afin de commémorer la crucifixion et la passion de Jésus-Christ Notre Seigneur. Le samedi, on allume des bougies durant la prière du soir, pour nous rappeler du retour du Christ parmi nous et les dimanches matins on assiste à la messe.

Le samedi soir, nous scouts, avons assisté à une messe dans la crypte de l’église. Le Cantique de la Promesse a mis fin à notre réunion spirituelle et chacun est reparti dans sa tente.

À Taizé, le mode de vie est très simple et modeste. Loin de tous les problèmes de la vie quotidienne, on sourit, on est content, on gagne de la sérénité et on est en réconciliation avec notre Père. On ne ressent pas une division entre les gens, on est tous unis par les mêmes activités, le même repas et le même endroit considéré comme un paradis sur terre.

Le dimanche venu, c’est le temps des adieux. Les cloches sonnent, mais cette fois on ne rentre pas à l’église car les bus nous attendent et on doit revenir sur nos pas…

C’est vrai que nous avons assisté à beaucoup de temps de prière, à des introductions bibliques, à des discussions en petits groupes, à des ateliers spirituels, à des répétitions de chants… Mais une semaine à Taizé n’est pas suffisante pour vivre à fond notre foi. Cependant, c’est l’étincelle qui va allumer le feu qui ne s’éteindra jamais. « Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais ». En effet, certains visiteurs restent plus qu’une semaine et deviennent des permanents à Taizé. Ces personnes donnent de leur énergie et de leur temps pour aider les frères de la communauté à accueillir toutes ces autres personnes qui veulent retrouver Dieu dans leur vie ou entrer de nouveau dans son Royaume.

Lorsque nous revenons dans le Train à Grande Vitesse, c’est la vitesse de cette semaine passée dont nous nous rappelons. Les chants de Taizé, harmonieux et en toutes langues, résonnent encore dans nos têtes… De peu, ils disent beaucoup. Les paroles des chants sont des psaumes ou références bibliques, tels :

Psaume 104:33 « Cantarei ao Senhor, enquanto viver; Louvarei o meu Deus enquanto existir. N’Ele encontro a minha alegria. N’Ele encontro a minha alegria. » C’est-à-dire : Je veux chanter au Seigneur tant que je vie, je veux louer mon Dieu tant que je dure. J’ai ma joie dans le seigneur.

Ou encore Mathieu 5:3 « Béati voi poveri, perché vostro è il regno di Dio.» C’est-à-dire : Heureux vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.

Nous quittons Taizé les mains vides, le cœur plein.

Pour vraiment comprendre Taizé, il faut venir à Taizé.

Par krystel Nader

ACM